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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 16 Aoû 2010 15:09 
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Inscription: Lun 16 Aoû 2010 14:52
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Hello, je suis nouveau sur ce forum... Voici trois citations qui donnent du grain à moudre.

Citation:
La vérité n'est pas toujours conforme à l'opinion de la majorité.

Citation:
Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre.

Citation:
Le rang ne confère ni privilège, ni pouvoir. Il impose des responsabilités.


Aucun auteur. Bien entendu.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 16 Aoû 2010 15:49 
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Hypokrit a écrit:
Hello, je suis nouveau sur ce forum... Voici trois citations qui donnent du grain à moudre.

Citation:
La vérité n'est pas toujours conforme à l'opinion de la majorité.

Jean-Paul II
Citation:
Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre.

Marie-Curie
Citation:
Le rang ne confère ni privilège, ni pouvoir. Il impose des responsabilités.

Louis Armstrong
Aucun auteur. Bien entendu.

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"Les systèmes sont les fictions du génie de chaque philosophe." "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."
Lucius Annaeus Seneca


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 16 Aoû 2010 16:02 
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Argh ! Tu n'as visiblement pas compris ma dernière phrase...


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Mar 17 Aoû 2010 08:46 
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Tendance politique: FN
Bienvenue Hypokrit !
Tu peux faire une petite présentation dans la section adéquate ? Merci.

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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Dim 22 Aoû 2010 11:16 
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Hypokrit a écrit:
Hello, je suis nouveau sur ce forum... Voici trois citations qui donnent du grain à moudre.
Citation:
Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre.



Moi, le fait de comprendre pourquoi un Lion souhaite faire de moi son dîner ne m'empêche pas de le craindre s'il se trouve à 10 mètres de moi. ;)

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"Chercher à prouver que j'ai raison serait reconnaître que je puis avoir tort".


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Dim 22 Aoû 2010 11:25 
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Tendance politique: Misanthropie aigüe.
Oui, mais si tu l'avais compris plus tôt, tu aurais acheté un fusil. :D

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L'insouciance précède la liberté.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Dim 22 Aoû 2010 11:27 
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C'est justement parce que tu as compris et qu'ainsi tu crains le Lion que tu achète un fusil ! :lol:

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"Chercher à prouver que j'ai raison serait reconnaître que je puis avoir tort".


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Mar 24 Aoû 2010 13:08 
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Il y a des libertés, la Liberté n'existe pas. Benito Mussolini.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Mar 24 Aoû 2010 13:24 
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Né d'un crime social, le hideux colosse (de la "Réforme") n'a cessé de grandir et de menacer l'existence des sociétés coupables. Afin de n'être pas immédiatement broyé sous ses dents de fer, il a fallu établir dans tous les pays de "Réforme" la taxe des pauvres. Inutile remède! Pour les nations comme pour les individus engagés dans la voie de l'erreur, chaque pas en avant est une chute. Rendre l'aumône civilement obligatoire, c'est violer une des deux lois fondamentales des sociétés chrétiennes, la charité libre et spontanée; c'est tuer la fraternité en éteignant la tendre compassion au cœur du riche et la reconnaissance au cœur du pauvre; c'est partager le monde en deux catégories hostiles: celle des créanciers et celle des débiteurs; c'est constituer la guerre sociale en principe: la lutte n'est plus qu'une question de temps; c'est, pour tout dire en un mot, ramener le monde au paganisme en passant par l'anarchie. Tous les pays protestants en sont la preuve. (Monseigneur Gaume)

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Que vivent la Patrie, la Morale et l’Ordre Naturel des choses !


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 30 Aoû 2010 08:54 
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Tendance politique: UE-sceptique
Si j'étais Dieu et que j'avais deux fils, je donnerais à l'aîné le ciel et au cadet la France.
Charles Quint. 1539

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Right Powa !!


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 30 Aoû 2010 11:42 
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Vindex a écrit:
Si j'étais Dieu et que j'avais deux fils, je donnerais à l'aîné le ciel et au cadet la France.
Charles Quint. 1539


S'il repassait faire un tour du coté de Saint-Denis, m'est avis qu'il reverrait à la baisse ses estimations.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 30 Aoû 2010 11:57 
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Typhée a écrit:
Vindex a écrit:
Si j'étais Dieu et que j'avais deux fils, je donnerais à l'aîné le ciel et au cadet la France.
Charles Quint. 1539


S'il repassait faire un tour du coté de Saint-Denis, m'est avis qu'il reverrait à la baisse ses estimations.

Une homme de la renaissance ne pourrait bien sûr s'accomoder à notre période.

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Right Powa !!


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Lun 30 Aoû 2010 12:55 
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Même un homme du début du XXème siècle voir des années 1960, Vincent. 8-)


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Ven 3 Sep 2010 20:05 
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"Votre génération va être une génération qui devra se battre. Moi, ma génération est finie. Nous, nous avons transmis, nous nous sommes battus, nous avons perdu les combats mais nous ne pouvions que les perdre. Nous étions tellement minoritaires. Nous avions contre nous le conformisme gaulliste, la puissance communiste, l'indolence bourgeoise, et nous avions contre nous l'esprit du temps. Et nous étions deux cents."

Bernard Lugan.

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"La diffusion sur France 2 d'une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l'ambassadeur d'Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public"
Le Monde, 09/10/11


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 11:31 
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La signature de Rem a écrit:
Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d'individus l'effet nécessaire d'un commun patrimoine génétique.

-Claude Lévi-Strauss- dans "Le regard éloigné", 1983.


Si c'est cela le racisme, je ne vois pas le problème ?

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"La diffusion sur France 2 d'une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l'ambassadeur d'Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public"
Le Monde, 09/10/11


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 11:51 
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Lévi-Strauss, grand penseur structuraliste, explique ceci dans une démonstration de ce qui est selon lui l'erreur du racisme : ces différences (qui existent et qui sont à prendre en compte et non pas à détruire, ne confondons pas son œuvre avec la vulgate gauchiste), relèvent d'après ses travaux du culturel et de l'action de la société sur ses membres.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 11:56 
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Typhée a écrit:
Lévi-Strauss, grand penseur structuraliste, explique ceci dans une démonstration de ce qui est selon lui l'erreur du racisme : ces différences (qui existent et qui sont à prendre en compte et non pas à détruire, ne confondons pas son œuvre avec la vulgate gauchiste), relèvent d'après ses travaux du culturel et de l'action de la société sur ses membres.


Sans jugement de valeur sur l'appréciation personnelle de Lévi-Strauss, je note que sa citation ne me dérange pas, ni sa définition du racisme. Et j'ajoute que si le racisme est ce qu'il explique, je ne vois pas où est le mal, ni en quoi un raciste, donc, serait un salaud contre qui la cavale serait justifiée.

_________________
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Le Monde, 09/10/11


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 11:59 
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Je ne suis pas un grand connaisseur de Lévi-Strauss, mais je ne crois pas qu'il fit partie des maniaques antiracistes. Il a juste travaillé à expliquer pourquoi, selon lui, c'était une théorie fallacieuse.

Sa lutte, c'était la défense des cultures indigènes menacées par l'industrialisation occidentale, pas la Loi Gayssot. Il était sérieux.


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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 12:12 
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Typhée a écrit:
Je ne suis pas un grand connaisseur de Lévi-Strauss, mais je ne crois pas qu'il fit partie des maniaques antiracistes. Il a juste travaillé à expliquer pourquoi, selon lui, c'était une théorie fallacieuse.

Sa lutte, c'était la défense des cultures indigènes menacées par l'industrialisation occidentale, pas la Loi Gayssot. Il était sérieux.


Je suis de cet avis. Ma critique de l'antiracisme n'est évidemment pas dirigée contre lui, mais contre les enfoirés de censeurs que l'on connait. Je m'appuyais seulement sur sa définition pour poursuivre une pensée.

_________________
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 Sujet du message: Re: Les plus belles citations
MessagePosté: Sam 2 Oct 2010 22:56 
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Céline à Sigmaringen

Quand un matin du début de novembre 1944, le bruit se répandit dans Sigmaringen : « Céline vient de débarquer », c’est de son Kränzlin que le bougre arrivait tout droit. Mémorable rentrée en scène. Les yeux encore pleins du voyage à travers l’Allemagne pilonnée, il portait une casquette de toile bleuâtre, comme les chauffeurs de locomotive vers 1905, deux ou trois de ses canadiennes superposant leur crasse et leurs trous, une paire de moufles mitées pendues au cou, et au-dessus des moufles, sur l’estomac, dans une musette, le chat Bébert, présentant sa frimousse flegmatique de pur parisien qui en a bien connu d’autres. Il fallait voir, devant l’apparition de ce trimardeur, la tête des militants de base, des petits miliciens : « C’est ça, le grand écrivain fasciste, le prophète génial ? » Moi-même, j’en restais sans voix.

Louis-Ferdinand, relayé par Le Vigan, décrivait par interjections la gourance de Kränzlin, un patelin sinistre, des Boches timbrés, haïssant le Franzose, la famine au milieu des troupeaux d’oies et de canards. En somme, Hauboldt était venu le tirer cordialement de ce trou, et Céline, apprenant l’existence à Sigmaringen d’une colonie française, ne voulait plus habiter ailleurs.

La première stupeur passée, on lui faisait fête. Je le croyais fini pour la littérature. Quelques mois plus tôt, je n’avais vu dans son Guignol’s Band qu’une caricature épileptique de sa manière (je l’ai relu ce printemps, un inénarrable chef d’œuvre, Céline a toujours eu dix, quinze ans d’avance sur nous). Mais il avait été un grand artiste, il restait un grand voyant.

Nous nous sommes rencontrés tous les jours pendant quatre mois, seul à seul, ou en compagnie de La Vigue, de Lucette, merveilleuse d’équilibre dans cette débâcle et dans le sillage d’un tel agité. Céline, outre sa prescience des dangers et cataclysmes très réels, a été constamment poursuivi par le démon de la persécution, qui lui inspirait des combinaisons et des biais fabuleux pour déjouer les manœuvres de quantités d’ennemis imaginaires. Il méditait sans fin sur des indices perceptibles de lui seul, pour parvenir à des solutions à la fois aberrantes et astucieuses. Autour de lui, la vie s’enfiévrait aussitôt de cette loufoquerie tressautante, qui est le rythme même de ses plus grands bouquins. Cela aurait pu être assez vite intolérable. Mais la gaité du vieux funambule emportait tout.

Le « gouvernement » français l’avait institué médecin de la colonie. Il ne voulait d’ailleurs pas d’autre titre. Il y rendit des services. Abel Bonnard, dont la mère, âgée de quatre-vingt-dix ans, se mourait dans une chambre de la ville, n’a jamais oublié la douceur avec laquelle il apaisa sa longue agonie. Il pouvait être aussi un excellent médecin d’enfants. Durant les derniers temps, dans sa chambre de l’hôtel Löwen, transformée en taudis suffocant (dire qu’il avait été spécialiste de l’hygiène !) il soigna une série de maladies intrinsèquement célinesques, une épidémie de gale, une autre de chaudes-pisses miliciennes. Il en traçait des tableaux ébouriffants.

L’auditoire des Français, notre affection le ravigotaient d’ailleurs, lui avaient rendu toute sa verve. Bien qu’il se nourrît de peu, le ravitaillement le hantait : il collectionnait par le marché noir les jambons, saucisses, poitrines d’oies fumées. Pour détourner de cette thésaurisation les soupçons, une de ses ruses naïves était de venir de temps à autre dans nos auberges, à l' « Altem Fritz », au « Bären », comme s'il n'eût eu d'autres ressources, partager la ration officielle, le « Stammgericht », infâme brouet de choux rouges et de rutabagas. Tandis qu'il avalait la pitance consciencieusement, Bébert le « greffier » s'extrayait à demi de la musette, promenait un instant sur l'assiette ses narines méfiantes, puis regagnait son gîte, avec une dignité offensée.

— Gaffe Bébert ! disait Ferdinand. Il se laisserait crever plutôt que de toucher à cette saloperie... Ce que ça peut être plus délicat, plus aristocratique que nous, grossiers sacs à merde ! Nous on s'entonne, on s'entonnera de la vacherie encore plus débectante. Forcément !

Puis, satisfait de sa manœuvre, de nos rires, il s'engageait dans un monologue inouï, la mort, la guerre, les armes, les peuples, les continents, les tyrans, les nègres, les Jaunes, les intestins, le vagin, la cervelle, les Cathares, Pline l'Ancien, Jésus-Christ. La tragédie ambiante pressait son génie comme une vendange. Le cru célinien jaillissait de tous côtés. Nous étions à la source de son art. Et pour recueillir le prodige, pas un magnétophone dans cette Allemagne de malheur ! (Il en sort à présent cinquante mille par mois chez Grundig pour enregistrer les commandes des mercantis noyés dans le suif du « miracle » allemand.)

Dans la vaste bibliothèque du château des Hohenzollern Céline avait choisi une vieille collection de la Revue des Deux Mondes, 1875-1880. Il ne tarissait pas sur la qualité des études qu'il y trouvait : « Ça, c'était du boulot sérieux... fouillé, profond, instructif... Du bon style, à la main... Pas de blabla. » C'est la seule lecture dont il se soit jamais entretenu devant moi. Il était extrêmement soucieux de dissimuler ses « maîtres », sa « formation ». Comme si son originalité ne s'était pas prouvée toute seule, magnifiquement.



De temps à autre, quand nous nous promenions tous deux sans témoin, le dépit lui revenait de sa carrière brisée, mais sans vaine faiblesse, sur le ton de la gouaille :
— Tu te rends compte ? Du pied que j'étais parti... Si j'avais pas glandé à vouloir proférer les vérités... Le blot que je me faisais... Le grand écrivain mondial de la « gôche »... Le chantre de la peine humaine, de la connarderie absurde... Sans avoir rien à maquiller. Tout dans le marrant, Bardamu, Guignol, Rigodon... Prix Nobel... Les pauvres plates bouses que ça serait, Aragon, Malraux, Hemingway, près du Céline... gagné d'avance... Ah ! dis donc, où c'est que j'allais atterrir !... « Maî-aître »... Le Nobel... Milliardaire... Le Grand Crachat... Doctor honoris causa... Tu vois ça d'ici !

Bien entendu, il ne fut pas question un seul instant d’employer Céline à une propagande quelconque, hitlérienne ou française. Moi-même, tout à fait indifférent aux bricolages « ministériels », je passai l’hiver à compulser les livres d’art du Château et à grossir le manuscrit de mon roman, les Deux Etendards.

Nous devions en grande partie ces privilèges à notre ami commun, le cher Karl Epting, qui avait dirigé l’Institut allemand à Paris, le vrai lettré européen, demeuré d’une francophilie inaltérable, même après les deux années de Cherche-Midi dont il paya.

Outre cette amitié précieuse, la mansuétude de tous les officiers allemands était acquise à Céline. Et il la fallait très large, pour qu’ils pussent fermer leurs oreilles à ses sarcasmes. Car Louis-Ferdinand était bien le plus intolérant, le plus mal embouché de tous les hôtes du Reich. Pour tout dire, il ne pardonnait pas à Hitler cette débâcle qui le fourrait à son tour dans de si vilains draps. C’était même le seul chapitre où il perdît sa philosophie goguenarde, se fît hargneux, méchant. Par réaction, par contradiction, l’antimilitariste saignant du Voyage se recomposait un passé, une âme de patriote à la Déroulède. Ah ! l’aurai-je entendu, le refrain de son fait d’armes des Flandres, « maréchal des logis Destouches, volontaire pour une liaison accomplie sous un feu d’une extrême violence », et du dessin qui l’avait immortalisé à la première page de l’Illustré National.

– En couleurs… Sur mon gaye… Au galop, le sabre au vent… Douzième cuirassier !... Premier médaillé militaire sur le champ de bataille de la cavalerie française… C’est moi, j’ai pas changé. Présent !... qui c’est qui me l’a tiré ma balle dans l’oreille ? C’est pas les Anglais, les Russes, les Amerlos… J’ai jamais pu les piffer, moi les Boches. De les voir se bagotter comme ça partout, libres, les sales « feldgrau » sinistres, j’en ai plein les naseaux, moi, plein les bottes !

– Mais enfin, Louis, tu oublies. Ils sont chez eux, ici !

– J’oublie pas, j’oublie pas, eh ! fias ! C’est bien la raison… Justement… Les faire aux pattes, sur place ! Une occasion à profiter, qui se retrouvera pas… Au ch’tar, les Frizons, tous, les civils comme les griviers. Au « Lag », derrière les barbelés, triple enceinte électrique… Tous, pas de détail. Voilà comment je la vois, moi, leur Bochie.

Il écumait, réellement furieux. Alors qu’il reniflait des traquenards sous les invites les plus cordiales, qu’il se détournait d’un kilomètre pour éviter une voiture dont le numéro ne lui paraissait « pas franc », il se livrait devant les Allemands à son numéro avec une volupté qui écartait toute prudence. Karl Epting avait projeté de constituer, pour notre aide, une Association des intellectuels français en Allemagne. Un comité s’était réuni, à la mairie de Sigmaringen. Céline y avait été convié, en place d’honneur. Au bout d’une demi-heure, il l’avait transformée en pétaudière dont rien ne pouvait plus sortir.

Un dîner eut lieu cependant le soir, singulièrement composé d’un unique plat de poisson et d’une kyrielle de bouteilles de vin rouge. De nombreuses autorités militaires et administratives du « Gau » s’étaient faites inviter, friandes d’un régal d’esprit parisien. Il y avait même un général, la « Ritterkreuz » au cou. Céline, qui ne buvait pas une goutte de vin, entama un parallèle opiniâtre entre le sort des « Friquets », qui avaient trouvé le moyen de se faire battre, mais pour rentrer bientôt chez eux, bons citoyens et bons soldats, consciences nettes, ne devant des comptes à personne, ayant accompli leur devoir patriotique, et celui des « collabos » français qui perdaient tout dans ce tour de cons, biens, honneur et vie. Alors ; lui, Céline, ne voyait plus ce qui pourrait l’empêcher de proclamer que l’uniforme allemand, il l’avait toujours eu à la caille, et qu’il n’avait tout de même jamais été assez lourd pour se figurer que sous un pareil signe la collaboration ne serait pas un maléfice atroce. Mais les hauts militaires avaient décidé de trouver la plaisanterie excellente, ils s’en égayèrent beaucoup, et Ferdinand fut regretté quand il alla se coucher.

Les Allemands passaient tout à Céline, non point à cause de ses pamphlets qu'ils connaissaient mal, mais parce qu'il était chez eux le grand écrivain du Voyage, dont la traduction avait eu un succès retentissant. Le fameux colonel Boemelburg lui-même, terrible bouledogue du S.D. et policier en chef de Sigmaringen, s'était laissé apprivoiser par l'énergumène. Il fallait bien d'ailleurs que Céline fût traité en hôte exceptionnel pour être arrivé à décrocher le phénoménal « Ausweis », d'un mètre cinquante de long, militaire, diplomatique, culturel et ultra-secret, qui allait lui permettre, faveur unique, de franchir les frontières de l'Hitlérie assiégée.

Il n'avait pas fait mystère de son projet danois : puisque tout était grillé pour l'Allemagne, rejoindre coûte que coûte Copenhague, où il avait confié dès le début de la guerre à un photographe de la Cour son capital de droits d'auteur, converti en or, et que ledit photographe avait enterré sous un arbre de son jardin. L'existence, la récupération ou la perte de ce trésor rocambolesque n'ont jamais pu être vérifiées. Mais sur la fin de février ou au début de mars, on apprit bel et bien que Céline venait de recevoir le mythique « Ausweis » pour le Danemark.

Deux ou trois jours plus tard, pour la première fois, il offrit une tournée de bière, qu'il laissa du reste payer à son confrère, le docteur Jacquot. À la nuit tombée, nous nous retrouvâmes sur le quai de la gare. Il y avait là Véronique, Abel Bonnard, Paul Marion, Jacquot, La Vigue, réconcilié après sa douzième brouille de l'hiver avec Ferdine, deux ou trois autres intimes. Le ménage Destouches, Lucette toujours impeccable, sereine, entendue, emportait à bras quelque deux cents kilos de bagages, le reliquat sans doute des fameuses malles, cousus dans des sacs de matelots et accrochés à des perches, un véritable équipage pour la brousse de la Bambola-Bramagance. Un lascar, vaguement infirmier, les accompagnait jusqu'à la frontière, pour aider aux transbordements, qui s'annonçaient comme une rude épopée, à travers cette Allemagne en miettes et en feu. Céline, Bébert sur le nombril, rayonnait, et même un peu trop. Finis les « bombing », l'attente résignée de la fifaille au fond de la souricière. Nous ne pèserions pas lourd dans son souvenir. Le train vint à quai, un de ces misérables trains de l'agonie allemande, avec sa locomotive chauffée au bois. On s'embrassa longuement, on hissa laborieusement le barda. Ferdinand dépliait, agitait une dernière fois son incroyable passeport. Le convoi s'ébranla, tel un tortillard de Dubout. Nous autres, nous restions, le cœur serré, dans l'infernale chaudière. Mais point de jalousie. Si nous devions y passer, du moins le meilleur, le plus grand de nous tous en réchapperait.


Lucien Rebatet, Mémoires d’un fasciste II, 1976

L’enterrement de Céline

Nous rentrons à l’instant de l’enterrement de Céline. Il est mort samedi vers 6h du soir, d’une congestion cérébrale. Depuis le matin, il se sentait encore plus patraque que d’habitude, il avait les nerfs à vif. Il s’est étendu un instant en disant à Lucette :

- Je vais crever.

A quoi Lucette lui répond avec son air serein :

- Tu dis ça tous les jours.

- Non, cette fois je sens que je vais crever.

Peu après, il a perdu connaissance, et en vingt minutes, tout était fini.

Je n’ai appris sa mort qu’hier soir par un coup de téléphone de Robert Poulet. Lucette tenait absolument que cette nouvelle restât aussi secrète que possible, que les meutes de journalistes ne fussent pas alertées. Elle a bien fait. Nous n’étions ce matin qu’une trentaine d’amis (pour la littérature, Roger Nimier, Marcel Aymé, Robert Poulet, Claude Gallimard et moi). Et cet enterrement presque clandestin a été une extraordinaire page célinienne. Le cercueil était posé dans sa chambre à coucher, à côté de la porte de la salle de bain grande ouverte. On voyait le lavabo, les serviettes, et en tournant la tête de l’autre côté, les hardes de Louis-Ferdinand, ses cinq ou six canadiennes élimées, accrochées en tas à un porte-manteau. Lucette aurait voulu une messe (Céline s’en fichait, il aurait voulu la fosse commune), mais le curé du Bas-Meudon a refusé. Il a refusé d’envoyer aussi une religieuse pour faire sa dernière toilette. Nous sommes donc allés directement au cimetière du Vieux-Meudon. Juste à cet instant, il s’est mis à tomber un petit crachin, comme pour une illustration de Mort à crédit. Ce fut vraiment étonnant, car nous étions à peine sortis du cimetière que le soleil reparaissait sur cette banlieue hétéroclite. Nous avons tous jugé qu’il était parfaitement dans l’ordre de ce temps que le plus grand écrivain français d’aujourd’hui fût enterré ainsi, à la sauvette, par une poignée de copains, beaucoup plus pauvrement qu’un concierge.


Lucien Rebatet, Journal


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