|
Bonjour à tous,
Tout d'abord, je préciserai que je parle ici des grands actionnaires, des hedges funds, des fonds d'investissement: en somme tout le grand capital et non des petits épargnants qui investissent un peu en Bourse. En effet, les petits actionnaires n'ont rien à dire dans l'entreprise et souvent ils sont victimes des risques inconsidérés pris par l'entreprise sous pression des grands actionnaires qui exigent 15 % de retour de fonds propres. Ce qui est biensur impossible sur le long-terme dans une économie avec une croissance annuelle de 3 à 4 %. Mais surtout cet argent doit venir de quelque part et sans surprise aux dépens du peuple certes mais aussi de l'entreprise elle-même. Donc ces actionnaires avides vont exiger un fort rendement à cour-terme or l'interet de l'entreprise se situe dans le long-terme. Les actionnaires vont donc par exemple pousser l'entreprise à vendre une partie moins rentable du groupe pour gonfler le bénéfice à court-terme mais l'entreprise perd le bénéfice engendré par cette partie du groupe pour les années à venir: inutile de dire que le bénéfice diminuera l'année prochaine et donc les actionnaires démanteleront une autre partie du groupe pour obtenir leur 15 %, et ainsi de suite. Mais ils augmentent leur dividende d'une autre manière : en exigeant des restructurations, des délocalisations, la non augmentation des salaires appauvrissant les actionnaires et une immense pression au travail pour augmenter la productivité ; ils nuisent tout simplement à la société dans ce cas. Finalement, ils sont contre des investissements de l'entreprise pour augmenter les bénéfices dans le futur car cela diminue leur dividende immédiat. Depuis les années 90, les actionnaires décapitalisent les entreprises cotées en Bourse: pour dire simple, le bénéfice sort de l'entreprise au profit des actionnaires. Les entreprises versent des dividendes de plus en plus gras mais la solvabilité des entreprises n'a jamais été aussi faible. L'entreprise est mise en danger sur le long-terme. De plus, alors que l'on accepte la rénumération des actionnaires parce qu'ils prennent un risque; c'est tout à fait l'inverse aujourd'hui: les actionnaires ne prennent plus de risques car ils vident les entreprises au contraire des salariés dont l'emploi n'a jamais été aussi précaire et incertain. En conclusion , les actionnaires trop puissants sont des parasites de la société.
Quant à la finance, il est temps de reconsidérer son apport sur l'économie et meme grand temps de le faire. Le système financier, aujourd’hui, ne finance plus l’investissement. Il finance les rachats d’actions et il finance les emprunts pour servir de gros dividendes. C'est-à-dire qu’il finance le contraire de l’investissement. "L’économiste (et penseur altermondialiste) Frédéric Lordon rejoint ce que dit Fitoussi, si ce n’est que, selon lui, le système financier serait pire aux Etats-Unis qu’en Europe : "Tous calculs faits, il est apparu que dans le cas des Etats-Unis, paradis de la finance s’il en est, les prélèvements de dividendes et de rachats d’actions sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais, de sorte que la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant... négative ! Les marchés boursiers européens, qui n’en sont pas encore tout à fait là, en prennent le chemin [...]." Quoi qu’il en soit des places occupées respectivement par les Etats-Unis et par l’Europe, il n’en reste pas moins que, de manière générale, les actionnaires ont un rôle de moins en moins positif (voire de plus en plus négatif) en matière d’investissement : "Aujourd’hui, insiste le philosophe Bernard Stiegler, on voit comment les intérêts de la finance vont contre les intérêts de l’investissement. Le capitalisme financier n’investit plus. Il spécule. Et il devient une forme de poison pour l’entreprise et donc pour le développement (et en particulier pour ce qu’on voudrait : un développement durable)." "
Les solutions existent biensur comme toujours en économie. Il faut faire en sorte que les dividendes soient limités par divers mécanismes et il faut définanciariser l'économie puisque la finance lui nuit. Je suis particulièrement séduit par la proposition de Fréderic Lordon : ""On nomme TSR (Total Shareholder Return) cette rémunération actionnariale effective globale rapportée au capital-actions investi. C’est au TSR qu’il faut s’en prendre. C’est lui qu’il faut ratiboiser pour convaincre les actionnaires qu’une fois un certain seuil atteint il est inutile de pressurer davantage l’entreprise pour obtenir d’elle "plus encore et indéfiniment", car tout l’excès désormais tombera, par voie de couperet fiscal, dans la poche de l’Etat" "
|