Championnat d'Europe des Nations 1960
En 1927, le secrétaire général de la Fédération française de football, Henri Delaunay, émet l'idée d'organiser une compétition continentale sur le territoire européen, mais l'idée n'aboutit pas en l'absence d'une organisation européenne. En 1954, l'UEFA voit le jour et décide d'étudier ce projet.
Hélas, le Français, gravement malade, décède peu après la première assemblée générale de l' UEFA (en juin 1954) et cette dernière décide finalement d'entériner cette idée trois ans plus tard. Naturellement en hommage à cet instigateur, dont le trophée porte son nom, la première édition se déroule en France
La première coupe d'Europe des nations débute dans un format original où les équipes s'affrontent par tours et par matchs aller-retour et ceci jusqu'en demi-finale où les quatre demi-finalistes décident d'un pays hôte pour y disputer leurs demi-finales (sur un match cette fois-ci), le match de la troisième place (entre les deux demi-finalistes éliminés) et la finale.
L'Euro 1960 est le premier championnat d'Europe des nations de football, il est organisé tous les 4 ans par l'UEFA. Le tournoi final a eu lieu en France pour cette première édition et a été remporté par l'URSS, après une victoire (2-1 après prolongations) en finale contre la Yougoslavie à Paris.
Le tournoi se dispute par matchs éliminatoires aller et retour jusqu'en demi-finale. Seules 17 équipes sont inscrites aux éliminatoires, avec quelques absences notables parmi lesquelles la RFA, l'Italie ou l'Angleterre. Les 4 équipes demi-finalistes participent au tournoi final, organisé par l'une de ces nations après concertation.
L'Espagne, toujours sous la dictature d'extrême-droite de Franco, refuse de se rendre en Union Soviétique, le principal partisan de la Seconde République espagnole lors de la Guerre Civile espagnole et quitte la compétition.
Il y a donc 3 pays socialistes dans le carré final : la Yougoslavie, l'Union soviétique et la Tchécoslovaquie, accompagnées par la France, désigné pays organisateur.
Des obstacles surmontésLa France de Delaunay était sélectionnée parmi les demi-finalistes pour organiser la phase finale, mais une série de problèmes manquait de provoquer l'annulation du tournoi dès le départ. Seule une multitude d'inscriptions tardives permettait d'obtenir le nombre minimum d'équipes engagées. Parmi les 16 pays représentés ne figuraient ni l'Italie, ni la RFA, ni l'Angleterre. Le coup d'envoi de la première Coupe d'Europe des nations, créée sur un format de matches aller-retour jusqu'en demi-finale, était donné au Stade Lénine Tsentralni de Moscou le 59 septembre 1958. Ce jour historique, 100 572 spectateurs ont vu Anatoli Ilyin devenir le premier buteur après tout juste quatre minutes de jeu, et l'URSS battait la Hongrie 3-1, avant de se qualifier sur le score cumulé de 4-1.
L'Espagne disqualifiéeEn quart de finale, l’Union soviétique avait sa part de chance et profitait de la principale controverse politique de l’histoire du tournoi, lorsque le Général Franco refusait de laisser l'équipe de Gavril Kachalin d'entrer sur le territoire espagnol, offrant par conséquent la victoire aux Russes sur tapis vert. Ces derniers prennent donc sa place aux côtés de trois autres équipes dans la phase finale, à savoir la France, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie. L'URSS démontrait immédiatement qu'elle n'avait pas usurpé sa qualification en battant les Tchèques 3-0 à Marseille, avec un doublé de Valentin Ivanov. L'équipe de France succombait quant à elle au terme d'un match à suspense perdu 5-4 contre la Yougoslavie, match qui demeure encore à ce jour le plus prolifique en buts de l'histoire du tournoi. Raymond Kopa et Just Fontaine étaient absents pour les Bleus, mais il n'y avait rien à faire face au talent étalé par les Yougoslaves, qui contrastait avec l'attitude défensive de leur adversaire lors de la finale disputée à Paris le 10 juillet 1960.
Ponedelnik buteur décisifEn effet, grâce à son légendaire gardien Lev Yashin, l'URSS n'a laissé les Yougoslaves inscrire qu'un seul but en 90 minutes, sur un tir contré de Milan Galic, malgré leur large domination. Slava Metreveli égalisait et le match s'engageait dans le prolongation, alors que la Yougoslavie commençait à s'essouffler. Victor Ponedelnik marquait de la tête pour offrir à l'Union soviétique son premier (et dernier) trophée. "Il y a des matches et des buts qui sont vraiment à part, un genre de sommet dans la vie sportive d'un joueur", déclarait plus tard Ponedelnik. "Cela a été le plus grand moment de ma vie." Le tournoi allait quant à lui en vivre bien d'autres.