Jean-Luc Mélenchon et le Front de GOF.
Après un zoom sur Eva Joly et François Hollande, voyons voir ce qu’il se passe du côté du Front de Gauche. « Qu’ils s’en aillent tous », « Place au peuple », « Prenez le pouvoir », le grand orateur-hurleur ne manque pas de slogans qui font référence à la dictature du pro … au pouvoir populaire pardon, sans arrêt. Jean-Luc Mélenchon se présente donc comme le candidat des prolos, des petits, des ouvriers, des crève-la-dalle, car il serait soit-disant lui-même de leur groupe social, et les défend contre l’élite. Cette élite qu’il passe son temps à fustiger et dénoncer, notamment l’élite du système politique en place depuis 40 ans. Pour preuve il tape autant sur l’UMP, le FN, que sur le PS, accusé d’être la fausse gauche, et de faire partie du système qu’il combat.
Non seulement il salue Marine Le Pen dans les couloirs du parlement européen, mais en plus il l’imite de plus en plus. La candidate du Front National souvent décriée comme une nantie, châtelaine, qui ne connaît rien aux problèmes du peuple et des prolétaires, n’est pourtant pas la seule dans ce cas de figure. A vrai dire tous les grands candidats ne sont pas des prolétaires, car pour faire de la politique à un si haut niveau, il faut de l’argent. Sarkozy avait clairement annoncé la couleur avec son Fouquet’s, Marine Le Pen n’a jamais prétendu être une prolo pour se la jouer, par contre à gauche on joue les hypocrites. Tel un François Hollande, déjà pathétique à l’époque, qui déclarait qu’il n’aime pas les riches, alors qu’il est soumis à l’ISF, et qui se vantait dans les années 80 d’être payé à rien faire à la Cour des comptes se considérant comme un « privilégié ».
Jean-Luc Mélenchon n’est pas en reste, à gauche. N’ayant pour seul programme que de prendre aux riches pour donner aux pauvres, au lieu de permettre aux pauvres de ne plus l’être, ce déguisement de Robin des Bois lui va trop grand. Qui est Jean-Luc Mélenchon ? Un nouveau Georges Marchais qui sortait de l’usine ? Surement pas. Mélenchon a longtemps fait partie du PS, qu’il combat aujourd’hui. Pourtant il ne l’a quitté que depuis peu, sur l’échelle de toute sa carrière politique. Après avoir bien mangé dans la gamelle socialiste pendant plus de 20 ans, il essaie de faire oublier un peu son passé, en prétendant qu’il a toujours combattu la dérive du PS vers le centre-droit. Candidat anti-système ? Comment peut-il se vanter de cela, alors que ce système il en a fait partie pendant tout ce temps ? Comment peut-il aujourd’hui fustiger le PS et l’UMP, alors qu’il a gouverné avec eux pendant tout ce temps ?
Monsieur le ministre, et monsieur le sénateur Mélenchon, tout de suite ça sonne moins prolo. Sénateur et ministre qui a continué à servir sous le parti socialiste, même après sa dérive libérale dès 1983. Pas au courant Mélenchon ? Le candidat anti-libéral, voir anti-capitaliste aujourd’hui pour les élections, qui a travaillé dans des gouvernements et a servi dans des assemblées dont les orientations allaient dans le sens inverse de ce qu’il prône aujourd’hui, c’est crédible ? On pourrait croire qu’il était en place pour s’opposer. Même pas. Lorsqu’on met de côté les oppositions sur des broutilles, et que l’on se concentre sur les décisions politiques majeures et qui furent fatales pour l’évolution du pays, que constatons-nous ? Que le sénateur/ministre/député Mélenchon a voté, avec le PS, avec l’UMP, avec le Centre, avec le Parti communiste, le traité de Maastricht, qui fut l’une des décisions les plus déterminantes de ces dernières années. A l’époque déjà, le traité de Maastricht était déjà clairement d’orientation libérale, libre-échangiste, et certains alertaient déjà l’opinion sur les évolutions néfastes d’un tel engagement à long terme.
Mais en vain. Jean-Luc Mélenchon qui aujourd’hui déclare combattre tout ce qu’il a voté lui-même, n’avait à l’époque qu’une seule idée en tête : faire l’Europe. Construire la prison européenne, et le délire de l’avenir radieux autrefois communiste, aujourd’hui européïste. C’était le seul but, qu’il partageait avec le reste des partis au pouvoir, démanteler la souveraineté de la France, et la noyer dans un magma européen purement commercial. Aujourd’hui pour les élections, il se détache de tout cela, et admet même que Maastricht fut une erreur. Un peu comme ces criminels qui commettent leur crime, et font preuve de repentance une fois que le mal est fait, pour tenter de se racheter un semblant de respectabilité, fuyant lâchement leurs responsabilités.
Mais peu importe le passé pour lui, désormais. Et il va même plus loin. Il souhaite plus d’Europe encore, tout comme le PS, et l’UMP, et leur volonté de fédéraliser encore plus l’Europe. Rebelotte, le candidat anti-système de pacotille, se retrouve de nouveau comme dans le passé à défendre la continuité du système dans lequel la France est enfermée, en faisant semblant de se chamailler sur des questions plus ou moins libérales avec les autres partis. Mélenchon aurait rompu avec le PS ? Non plus. Il continue à négocier avec ce dernier en vue des élections de cette année, et il n’exclut même pas de gouverner avec le PS actuel, qu’il avait pourtant quitté pour ses dérives. Petite condition, il n’acceptera de gouverner avec le PS, que s’il est le chef du gouvernement. Une crise de mégalo-dictateur en devenir, très sûrement.
Dans un autre registre, moins politique (quoi que …), Mélenchon a enfin avoué dernièrement, qu’il faisait bel et bien partie de la Franc-maçonnerie. Pour on ne sait quelle raison, il a longtemps refusé de répondre à la question, même lorsqu’un journaliste exceptionnellement téméraire lui posait la question très franchement. Dans son dernier livre, Mélenchon décide donc de clarifier les choses, et confirme adhérer au Grand Orient de France depuis quelques temps déjà. Ce qui est cocasse dans cette situation, c’est que le GOF a fait part de son soutien à François Hollande, qui est l’adversaire officiel de Mélenchon à gauche. On constate là encore l’ambigüité et l’incohérence du candidat du Front de gauche avec ses rapports au PS. Faire partie d’une organisation qui soutient clairement votre adversaire, fallait le faire. Mais comme nous l’avons vu plus haut, cette fausse adversité avec le PS n’est là que pour amuser la galerie.
A côté de la politique politicienne, un autre aspect est intéressant à relever dans l’adhésion de Jean-Luc Mélenchon à la franc-maçonnerie. Lui qui se réclame du peuple, de la France d’en bas comme on dit encore, et fustige les élites, ne trouve-t-il pas incohérent d’être membre d’un « club de réflexion spirituel » qui représente et a toujours représenté une fraternité élitiste ? Ca n’a pas l’air de déranger Mélenchon de fréquenter bien plus de PDG, et d’intellectuels de la Haute au Grand Orient de France, que d’ouvriers. Après tout il en a l’habitude, monsieur le ministre/sénateur, pendant toute sa carrière il a arpenté bien plus longuement les palais de la république, que les usines où survivent dans la crasse quelques ouvriers non délocalisés. Très prolo ça aussi. Il n’y a pas à dire, Mélenchon est fidèle à ses convictions, et le démontre par ses actes et ses fréquentations. Sans compter que les communistes, qu’il représente aujourd’hui, ont toujours considéré la Franc-maçonnerie comme une organisation élitiste ne servant en rien les intérêts du prolétariat, mais les retournements de vestes incessants des communistes n’étonnent plus personne. C’est bien pour ça qu’ils sont en phase avec l’escroquerie prolétarienne de Mélenchon.
Tout ceci prêterait évidement à rire, si le symbole de cette adhésion à la franc-maçonnerie n’était pas encore plus grave : s’il y a bien une idée qui est partagée au sein de cette organisation, c’est que le peuple, la populace, est bien trop bête pour prendre en main son destin, et qu’eux, les Eclairés, sont la pour réfléchir à ce qui est bien pour le peuple, et comment les guider. Pas très prolo ça aussi. Nous n’avons plus du tout l’image d’un Mélenchon qui se revendique de la force du peuple avec son slogan « place au peuple ». Nous avons bel et bien l’image d’un Mélenchon, à l’inverse, qui méprise le peuple et le considère comme trop abruti pour pouvoir réfléchir sans se voir imposé sa pensée par le « club de réflexion » qui est au dessus de tout ça, mais qui finalement fait baisser la crédibilité de Mélenchon … plus bas que terre.


3 h 50 min
Je ne suis pas pro-Mélenchon, mais là, c’est juste le niveau 0 de l’article ! 3 paragraphes sur la franc-maçonnerie dont on se fou éperdument, vous ne citez en plus absolument RIEN de son programme, le comparant à LePen alors que leurs propositions n’ont rien à voir, ne pas parler de son idée (originale, reconnaissons le) de sortir de la crise (et qui se tient, voir « des paroles et des actes », et sa discution avec un « patron » du CAC 40 pour s’en convaincre).
Mélenchon sait reconaître ses erreurs, et désolé de penser que c’est assez bien, l’autocritique est nécessaire pour tous les hommes, et peu de politiques aiment à le rappeler.
Revenez avec un vrai article et un vrai débat politique, avec des IDEES !!
10 h 22 min
Je me fiche éperdument du programme du FG. On le connaît, c’est le programme du Parti communiste de l’année 2007 quasiment. Celui qui avait valu 2 % à Marie-George Buffet. On oublie que le FDG c’est surtout le PCF. Le Parti de gauche et un autre groupuscule y sont liés, mais ne représentent qu’une petite part.
Et ça, ce n’est pas assez rappelé dans les médias. Quand on voit que les communistes passent de 2 % en 2007 à quasiment 10 % d’intention de vote aujourd’hui, on se demande vraiment si les sondages ne sont pas là pour embrouiller les gens plus qu’autre chose.
Par conséquent il est inutile de se pencher sur ce que propose Mélenchon, puisqu’on sait déjà ce que lui et les communistes mettraient en oeuvre au pouvoir. On les a vu à l’oeuvre déjà, depuis des décennies. Rien de neuf, toujours la même continuité de déconstruction du pays.
Mélenchon ne propose aucune rupture, c’est du cinéma. Et j’ai écrit cet article pour se pencher sur l’escroquerie du personnage et la fausse stature qu’il se donne. Ce qui est aussi important à savoir, que son programme.